Pour le curieux des choses de l’esprit que je suis, il m’est difficile de cerner le personnage de Sylvia Bongo. J’avais autrefois pour elle une sorte de respect et de considération prudente. Les choses ont bien changé depuis…
Malgré le côté dispendieux de son machin charitable « bling-bling », quelques réalisations tangibles au bénéfice des gabonais ont bien vu le jour.
La maison d’Alice (…Au pays des merveilles) sa dernière lubie, est une sorte d’hôtel 4 étoiles pour de rares cancéreux gabonais rescapés du paludisme. Avec ce seul projet budgétivore de Club Med pour cancéreux, de nombreux dispensaires et centres de distribution de moustiquaires auraient pu être construit, mais voilà, le cancer est une cause bien plus télégénique pour ceux qui comme elle accordent une importance capitale à s’afficher dans ces rendez-vous mondains d’exhibitions philanthropiques.

Pour expliquer l’urgence de la réalisation de cette structure hôtelière, l’équipe d’experts expatriés surpayés de l’organisme bienfaisant de la Dame du Bord de Mer a justifié très sérieusement ce gaspillage, par un syllogisme dichotomique flagrant entre des réalités sanitaires occidentales et africaines.
L’argument principal des promoteurs des diligences de Sainte Sylvia Bongo est le suivant : Près de 8 millions de personnes meurent chaque année du cancer dans le monde, soit plus que le sida, la tuberculose et le paludisme réunis.

C’est une affirmation incomplète qui ne tient pas compte des différences entre pays riches et pays pauvres.

Dans les pays à revenu élevé, les maladies chroniques sont en effet à l’origine de la plupart des décès: maladies cardiovasculaires, cancers, démence, bronchopneumopathies chroniques obstructives ou diabète. Tandis que dans ceux à faible revenu comme le nôtre, ce sont toujours et encore les maladies infectieuses qui provoquent le plus de décès: infections des voies respiratoires inférieures, VIH/sida, maladies diarrhéiques, paludisme et tuberculose.
Elles sont responsables à elles toutes de près du tiers des décès. Les complications de l’accouchement dues à la prématurité, l’asphyxie et les traumatismes à la naissance complètent ce tableau morbide.
Par ailleurs, les maladies cardio-vasculaires -indifféremment du niveau de revenu du pays- sont celles qui occasionnent le plus de morts dans le monde (17,5 millions de morts en 2012) bien loin devant le cancer.

Mais soit, accordons-lui le bénéfice du doute et la sincérité de cet énième projet aux forts relents « exhibitionnistes »…
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Par contre, je ne peux me résoudre à la croire lorsque au lendemain de l’assassinat de tant de jeunes gabonais par son mari, elle s’est fondue d’un froid communiqué que je vous livre in extenso :

Aux côtés d’Ali, pour vous, avec vous, ensemble, je continuerai à m’engager pour rendre le futur et le bien-être des Gabonais meilleur !
Le Gabon fort et solidaire que nous appelons tous de nos vœux, quels que soient nos choix politiques, a besoin de chacun de ses enfants.
Nous ne sommes qu’un seul et même Gabon, « uni dans la concorde et la fraternité ».
« Demeurons vigilants sans faiblesse et sans haine ».

La seule chose vraie dans cette litanie est qu’elle a choisi d’être aux côtés d’Ali plutôt que des gabonais.
C’est le choix qu’à fait l’équipe de foot lors de la CAN du Sang et on a vu là où ça les a mené.
Oui restons vigilants car le diable s’habille en Prada et je sais la dame très portée sur la mode et les effets cosmétiques.

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