Vous les verrez dans d’imposants 4X4 flambants neuf à la sortie de l’église « sapés comme jamais », extra-bible en cuir de daim sous le bras, sac Coco Chanel dans l’autre, fausses modestie en pendentif.
Ils ont le sourire oblique de ceux qui prient à gorge déployée le dimanche au culte bien en vue, et quand enfin gronde la tempête de la justice, deviennent soudain aphones alors qu’au dehors résonnent l’appelle à l’aide, d’une jeune lycéenne suffocante dans les gaz assassins d’une dictature vacillante. Ils vous diront la bouche pleine d’hypocrisies bienveillantes qu’ils n’ont rien entendu, rien vu de ces ostensibles souffrances.

Au Gabon, dans mon pays, des hommes en armes à la solde du gouvernement en place assassinent sauvagement une jeunesse armée seulement -comme le roi David- de pierres et d’insatiables espérances.

Les crimes sont irrécusables, les auteurs identifiés sans qu’aucune contestation soit possible ni d’ailleurs faites par le dictateur Ali BONGO lui-même. Au contraire, il pérore du haut de son palais de bord de mer maculé du sang de ses victimes, sans le moindre mot de compassion pour les familles que par ses mains sanguinaires il a endeuillées. Et dans ce tableau macabre, tapis sournois dans l’ombre, se cachent les « ouailles » de ce tyran. Ils ont des allures de généreux chrétiens, leur parole est de miel et il est quasi impossible de les distinguer des soldats assassins qui dehors, accomplissent pour eux, les basses besognes.

Tongues
Attablés parmi nous, le cœur lourd de culpabilité mais la cupidité bien plus conquérante, ils braveront la Cène en faisant fi des recommandations bibliques, et contre eux prononceront une malédiction annonciatrice d’une prévisible terrible fin.
« Au reste, voici, la main de celui qui me trahit est à cette table avec moi ».
C’est de la même bave, des mêmes crachats qu’ils ont insulté Christ, maudit la liberté et la justice, assassiné le peuple juif en se rendant complice des atrocités abjectes d’Hitler. Prompt à acclamer sans réserve un potentat assumé, ils tergiversent désormais dans un cruel silence au lieu de dénoncer les « crucifixions » publiques d’innocents étudiants militant pour leur dignité.
« Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche » Apo 3,16.

Vous les croiserez peut-être en lin et en satin, s’excusant d’être trop loin pour les miens. Et si par trop d’insistance vous les rappeliez à se découvrir enfin, d’un « baiser de Judas » ils vous désigneront afin de préserver pour aujourd’hui et pour demain, leurs « biens mal acquis » que la rouille et les vers détruiront assurément. Quand enfin sur leur dépouille suspendue à l’indigne corde qui les aura pendus, s’inscrira le signe de la « bête déchue », il sera déjà trop tard pour eux.
Ainsi parle le conteur, Chyc Polhit MAMFOUMBI, un modeste chrétien gabonais apolitique, conscient de sa responsabilité devant Dieu et devant les Hommes.