Avant les dernières élections, je ne m’intéressais guère à la politique gabonaise. J’étais, je le confesse un peu désabusé et puis, l’absence d’idéologie structurante m’empêchait d’en saisir tous les enjeux. Toutefois, dans le cadre de mon activité professionnelle j’ai eu l’occasion de me rendre au pays à de nombreuses reprises et d’assister curieux d’abord puis circonspect ensuite, à l’érection de ce fameux concept d’Émergence.
C’est au fait, un fourre-tout de démagogies mimétiques, de divagations économiques fumeuses mais surtout, de distractions hédonistes (Forums internationaux dispendieux, manifestations carnavalesques impudiques, joutes sportives féodales, etc.). Conceptualisé par les quadragénaires opportunistes les plus « ambianceurs » de la chiennerie rapprochée d’Ali Bongo, ce courant de la médiocratie gabonaise s’appuie sur une nouvelle caste de « pédégistes » dite des « émergents ».

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A la veille de la chute de ce régime dictatorial, il m’est apparu loisible d’étudier plus en profondeur ces gabonais décadents.

Les émergents se classent donc en 3 catégories qu’il est facile de reconnaitre en fonction des caractéristiques qu’ils renvoient. Il y a « le bon », « la brute » et « le truand » illustrés respectivement par Vivien Patrice Amos PEA ; Hervé Opiangah et Claude Bilie By Nzé.

Le BON (Vivien Patrice Amos PEA)


De niveau d’éducation satisfaisant, il se confond beaucoup à la nouvelle classe éveillée de « Résistants ». Il en connait les codes et les usages et provient d’ailleurs parfois de cette famille. Entré en « émergence » pour de bonnes raisons parce convaincu par la promesse de changement du leader, il s’est laissé progressivement embobiné par le confort matériel et les orgies immorales avilissantes. Sous employé eu égard ses capacités réflexives, il occupe un poste creux au titre ronflant qui lui garantit cependant une posture de « bon grand » qu’il affectionne tant. Fort de ses capacités relationnelles naturelles et à coup de dons misérabilistes et de promesses irréalisables il corrompt les masses sous-éduquées de jeunes qui admirent le spectre qu’il leur renvoi. C’est l’atout charme du régime, la face humaine de la tyrannie.

La BRUTE (Hervé Opiangah)

Jaloux, bagarreur, ambitieux, la BRUTE couvre le large spectre des frustrations des « fils du Haut Ogooué » exclus du partage du gâteau pendant la période Bongo-père. Sociopathe et piètre locuteur, il compense ce manque de charisme par l’usage excessif de la violence physique, morale et métaphysique. Devenu par la force des choses, bras armé du tyran, il remplit avec dévotion les basses besognes du clan en attendant son heure où par le sang ; il espère réaliser enfin son destin.

Le TRUAND (Claude Bilie By Nzé)


Parvenu, arrogant, suffisant, inconsistant, le TRUAND n’existe que grâce à sa roublardise. Profitant des défaillances psychologiques d’Ali Bongo Ondimba et de son mal être identitaire, il s’immisce comme un serpent dans son antre pour siffloter à son oreille des balivernes rocambolesques cependant, crues. Idiot utile, il joue un rôle essentiel auprès du monarque. En effet, objet transitionnel désigné, il absorbe une partie de la détestation de ce dernier mais surtout, recueille ses confidences de roi mal aimé. Fourbe, menteur, malhonnête, il concatène à lui tout seul plus de la moitié des attributs du dictateur qui l’envisage d’ailleurs comme un fils spirituel.

Voici donc livré tout de go, une analyse non exhaustive des caractéristiques spécifiques de ces « profito-situationistes » qui constituent ce que nous appelons les « émergents ». Vous les verrez peut-être raser les murs des ministères tentant de se faire oublier à cause des crimes fratricides récents dont ils sont peu fiers, mais ne les mésestimez surtout pas, ils ont gardé le même capital de dangerosité et de nuisance.