« Mon Afrique est au bord du gouffre, alors pourquoi disent-ils chacun qu’on a fait de grand pas en avant,
Je parle bien sûr de ceux qui ont confisqué nos rêves pendant longtemps et qui demandent encore plus de temps
C’est comme ne pas savoir lire et écrire et me dire que l’on raffole des poésies de Shakespeare
C’est comme l’autre qui ne touche pas à sa femme mais qui se plains qu’elle vient chez moi pour avoir un peu de joie
C’est là où le bas blesse, on a si peur de nos faiblesses qu’on protège mal nos fesses » MASSASSI – LES 1000 PEURS

Est-il possible pour un artiste de se faire manipuler au point de finir par servir tout ce que durant des années on a combattu? 
Je peux comprendre qu’Ali Bongo ait pu représenter à un moment donné, une espérance pour les artistes et pour certains jeunes une proposition réelle d’alternance. Aujourd’hui, il est indiscutable qu’il est celui qui après 7 ans de diversions et divertissements, a conduit notre pays au bord du gouffre actuel. Il ne peut pas se réveiller 7 ans plus tard, pour constater les milliers de milliards dérobés par sa jeune garde  « d’émergents » sans en tirer des conséquences pour lui-même. Je ne sais pas s’il « raffole des poésies de Shakespeare », mais je suis certain au moins que l’arithmétique n’est pas son fort.
Tandis que le monde entier est témoin de cette parodie électorale « altogovéenne », son clan continue de clamer sans vergogne à tue-tête dans les médias de propagande: On fait de grands pas en avant!
En avant…Vers quoi?
Vers la déchéances des valeurs et le travestissement des mœurs?

Je me questionne donc encore et encore: Est-il possible pour un artiste de se faire manipuler au point de finir par servir tout ce que durant des années on a combattu?
La plume est délicieuses, le ton juste, l’incarnation scénique parfaite et pourtant, l’authenticité parait tellement galvaudé tant les paroles tranchent avec la posture politique.
Il ne s’agit pas de se demander si Jean PING ferait mieux. Ce n’est pas le sujet. On veut juste ne pas sombrer dans cette folie collective qui nous demande de taire nos capacités intellectuelles et de valider le  score stalinien du distingué camarade assassin de nos frères.

Ils disent qu’on est fous, dis leur qu’on s’en fout, c’est pour nos rêves que l’on marche même si ça fâche. MASSASSI – LES 1000 PEURS

J’ai conservé  mes rêves de dignité humaine et de justice sociale intacts. Je suis fier de cette jeunesse qui malgré la répression d’un régime totalitaire marche même si ça fâche. Cette jeunesse n’est pas folle. Elle ne demande qu’à être respectée et considérée. Elle s’en fout copieusement de vos énièmes « dialogues inclusifs », elle marche contre ceux qui ont confisqué nos rêves pendant longtemps et qui demandent encore plus de temps. Bien sûr que la situation économique du pays est beaucoup plus difficile, mais la dignité humaine ne s’indexe pas sur le cours du pétrole.
Même pauvre sans le sou, on ne laissera pas sa femme aller dans les bras d’un autre pour quelques joies passagères. C’est une question d’honneur et de dignité…

Oui, on à tous rendez-vous avec notre histoire, si elle ne nous donne pas raison on ira vers l’espoir […] le culte de l’état providentiel est tombé, personne ne viendra du haut de son trône pour nous stopper. Chacun devra rendre des comptes avec soi-même et devant Dieu.
Moi pour ma part, en tant qu’artiste je veillerai à ne pas me laissé instrumentaliser par cette opposition circonstancielle. Des 1000 peurs qui me guettent, c’est de celle ultime de mes faiblesses que je suis le plus méfiant.
On a si peur de nos faiblesses qu’on protège mal nos fesses et moi, je tiens beaucoup trop à mes fesses!

 

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