Je ne suis ni un ecclésiastique repenti, ni un apprenti bibliste même si par cette affirmation provocante, je le concède, je veuille troubler quelques-uns pour mieux les rassurer après.

Ce dont je vais vous entretenir procède d’une foi irrésolue en un christianisme absolu et inchangé avant même que le Concile de Constantinople de 381, n’en établisse les contours fondateurs : la doctrine monothéiste trinitaire.

Alors donc, essayez de me lire jusqu’au bout, avant d’hâter une critique maladroite sur la base d’une lecture parcellaire. Et si la tâche vous apparaît trop ardue, consentez sans vergogne à passer votre chemin en non initié de la chose…

Cependant je vous encourage à oser l’exercice intellectuel. Je ne suis pas plus universitaire que vous. Mes connaissances en théologie sont en effet, celles d’un malhabile conteur amoureux de ce Divin unique, incarné en un Fils de l’Homme dont l’Esprit immaculé aura fertilisé la pensée en la libérant de cet atavisme syncrétique « judéo-gréco-romain » du subconscient.

Je suis désormais ce « nègre » – au sens « césairien » du terme- qui par acculturation, se sera tant soit peu fourvoyé dans les voies aristotéliciennes et platoniciennes de la dialectique dominante, avant de se reprendre, et de découvrir ce christianisme universel qui désormais s’exprime avec constance par le prisme exotique de ma culture animiste au sens piagétien du terme – soit donc, débarrassé de toutes connotations mystico-religieuses. Il est essentiel pour me suivre dans ce raisonnement, de ne considérer que le caractère épistémologique entretenu dans l’animisme : L’animisme en tant que proposition subsidiaire philosophique en contraste avec les autres courants de la doxa précités.

Je comprends que ce puisse être déroutant et voir même déstabilisant pour l’âme paisible occidental de goûter à la quintessence biblique au travers d’autres paradigmes culturels. Croyez-moi, l’exercice n’est pas qu’excitant, il est aussi très fécond.

Voulez-vous me suivre et aller plus en amont sur les cabosses de ce chemin nouveau, loin, en dehors des sentiers battus ? Pour cela il va falloir s’alléger de tout a priori ethnique et de toute sensiblerie doctrinale.

Soit.

Pourquoi est-il aussi essentiel que le christianisme s’exprime encore et toujours aujourd’hui, à l’unisson, dans l’unicité d’un monothéisme banal vidé de toute singularité originale?

Pourquoi s’arc-bouter à nous revendiquer d’un monothéisme inaudible dans cette cacophonie des religions?

Pour les précurseurs, de l’apologétique chrétienne, inspirés par le philosophe hellénisé juif, Philon d’Alexandrie, cela avait du sens de distinguer aux premières heures de la chrétienté, le Dieu véritable des divinités multiples païennes de l’époque. Il était en effet essentiel en ce temps-là, de singulariser les attributs du Dieu vrai, de la pléthore d’idoles bruyantes d’un paganisme dominant.

Attention ! J’ai bien conscience que dans la plupart des régions du monde non-occidental, les systèmes de croyances et de superstitions reposent encore aujourd’hui sur des représentations cosmogoniques polythéistes, et pour ces populations, il est crucial, je dirais même « crucifixional » -néologisme circonstanciel pour l’euphonie de la phrase, et la tautologie de l’idée défendue- de continuer à prêcher un christianisme monothéiste affirmé.

Je réitère donc ici mon intention à ne m‘adresser qu’à l’âme paisible occidental abreuvé de simplifications et d’amalgames religieux. Je chausse donc mes lunettes animistes piagétiennes pour mieux vous discriminer ce Dieu pluriel contenu dans ma Bible.

***

Il est aujourd’hui très difficile de donner une définition de l’animisme qui s’satisfasse tout le monde.

Issu du latin « animus » c’est-à-dire « l’esprit », l’animisme pourrait être défini aujourd’hui comme étant une forme de système de croyances en la capacité de la nature à s’animer, c’est-à-dire à disposer d’une âme, d’un esprit. Ces âmes multiples ou esprits mystiques, pourraient être des manifestations d’ancêtres ou de divinités animales. Ils auraient la capacité à interagir avec le monde des vivants.

En réalité, la définition de « l’animisme » a glissé vers un « fourre-tout » condescendant désignant toutes les religions qui ne sont pas universalistes, avec pour postulat l’idée sous-tendu, que les « primitifs » seraient incapables de structurer des modes de représentations cosmogoniques suffisamment évolués pour être décrites avec précision.

Seul l’anthropologue Philippe Descola, dans une vision globalisante presque universaliste, aura redéfini l’animisme de sorte à ce que je puisse moi, sans ambages, exprimer ma foi chrétienne au travers un animisme piagétien.

En appliquant à la doctrine de la trinité la définition de l’animisme telle que l’envisage Philippe Descola, je peux désormais redéfinir le polythéisme chrétien comme étant un point de vue à partir duquel l’esprit (Le Saint Esprit) s’exprimerait suivant deux perspectives complémentaires : celle de son « intériorité » (Dieu le Père) et celle de sa « physicalité » (Le Fils de L’Homme – Le Messie) vis-à-vis du monde des vivants et celui des esprits.

Il n’apparaîtrai donc plus déroutant de « manger » et de « boire » symboliquement le corps et le sang du Christ pour mieux le posséder dans toutes les dimensions de son être et, les nombreuses théophanies bibliques comme celles autour du feu (cf. De 4:36,1Sa 3:1,1Ro 19:13) ne nous choqueraient plus.

 

Un christianisme polythéiste rafraîchi par la pensée animiste, voici de quoi renouveler un peu notre littérature chrétienne pour concerner un peu plus nos contemporains anticléricaux.

C’est étrange, cette phrase ne me dérange pas le moins du monde.

Ce qui m’insupporte par contre, c’est lorsque que l’on range indifféremment ma foi en Jésus-Christ, à côté de celle d’un professant judaïque ou d’un musulman pratiquant. C’est d’autant plus agaçant que cela procède bien souvent d’athées ignares convaincus de leurs connaissances du fait religieux. Je le dis donc tout de go, sans détours ni circonvolutions précautionneuses : Le Dieu auquel je crois, n’est en rien celui de l’Islam. S’agissant du judaïsme orthodoxe, il s’en est éloigné tant il nie la messianité du Christ.

Allah et YHWH sont pour les musulmans et les juifs orthodoxes « un » et « indivisible ». Ils ne sont pas en même temps: Dieu, Saint Esprit et Fils de Dieu à la fois.

Le judaïsme orthodoxe et l’Islam, voici là deux propositions monothéistes arithmétiquement parfaites ! Laissons leur ce mérite indéniable!

Quant à nous, exprimons au contraire, l’exigence doctrinale d’un Salut obtenu au nom du Père (Dieu le Père), du Fils (Jésus Christ) et du Saint Esprit, le reste n’étant que distraction et digression doctrinale malintentionnées.

Méfions-nous comme des colombes, des indifférenciations théologiques insidieuses que l’on nous vend comme des nuances culturelles et linguistiques insignifiantes.

Soyons vigilants comme des serpents, et sondons les écritures néotestamentaires qui fixent le cadre de notre Nouvelle Alliance, celle-là que Christ nous commande de diffuser comme une Bonne Nouvelle. Cette Bonne Nouvelle que n’ont toujours pas compris les juifs orthodoxes toujours soumis aux observances et prescriptions alimentaires qui pour le coup, apparaissent comme relevant d’un animisme primaire formulé dans une monolâtrie balbutiante tels que, certains aliments pourraient être mus de forces malfaisantes.
Paradoxe intrigant n’est-ce pas?

C’est donc en « apôtre » de cette Bonne Nouvelle que je me joins à la communauté de ceux qui professent la même foi en ce Dieu unique trois fois Dieu, au travers ce crédo universel :

« Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. (Genèse 1,1, Ésaïe 44,24, Apocalypse 15,3)
Je crois en Jésus-Christ son fils unique, notre Seigneur, (Matthieu 14,33, Jean 1,18, Jean 3,16, Actes 8,37, Hébreux 1,5, 1 Pierre 1,3, 1 Jean 4,14)
qui a été conçu du Saint-Esprit, (Matthieu 1,18)
et qui est né de la vierge Marie ; (Matthieu 1,20 & 23)
il a souffert sous Ponce-Pilate, (Matthieu 27,13)
il a été crucifié, il est mort, il a été enseveli, (Matthieu 27,35,50 & 60)
il est descendu aux enfers ; (1 Pierre 3,19, Éphésiens 4,9)
le troisième jour, il est ressuscité des morts ; (Matthieu 28,6)
il est monté au ciel, (Actes 1,2)
il siège à la droite de Dieu le Père tout-puissant ; (Actes 7,56)
il viendra de là pour juger les vivants et les morts. (2 Timothée 4,1, Apocalypse 20,12)
Je crois en l’Esprit-Saint ; (Romains 15,13, 1 Corinthiens 6,19)
je crois la Sainte Église universelle, (Éphésiens 1,22, Matthieu 16,18, 1 Timothée 3,15)
la communion des saints, (Éphésiens 4,22, 1 Corinthiens 10,16, 1 Jean 1,7)
la rémission des péchés, (Luc 24,47, Actes 5,31, & 13,38)
la résurrection de la chaire (Matthieu 17,22, 20,19, 22,31-32, 28,6-7, Jean 5,21, 11,25, 1 Corinthiens 15,35-37)
et la vie éternelle. (Jean 3,36, 4,14, 1 Jean 5,13, Romains 6,22-23, 1 Timothée 1,16)
Amen »

En conclusion, vous l’aurez compris, je ne remets pas en question le caractère unique de Dieu. J’en souligne simplement les attributs trinitaires pour mieux révéler le plan du salut qu’il propose à tous les naufragés du monolithisme religieux rassurant de l’islam et du judaïsme orthodoxe.

Bien entendu le christianisme est éminemment monothéiste dans son expression universaliste.

Dormez donc tranquille gentes gens, paisibles cireurs de bancs ! Le dogme est sauf !

Quant à vous infatigables voyageurs aux saintes sandales usées, allez aux 4 coins de l’Orient et de l’Occident, porter cette Bonne Nouvelle d’un Fils de l’Homme, incarnation tangible du Dieu Créateur mort et ressuscité. Faites connaitre ce don gratuit du Saint Esprit, répandu sur ceux-là qui auront reconnu Jésus-Christ comme unique (je dis bien « unique ») médiateur entre Dieu et les hommes.

Moi pour ma part, je vais replonger dans le silence d’un conteur discipliné, me gardant d’être à la source d’un énième scandale numérique. Merci à mes censeurs et fervents « conseillers », le « clown du Seigneur » n’osera plus rire, si ce n’est de nos médiocrités et de nos certitudes…

Chyc Polhit, allias le Clown du Seigneur, « Celui qui osait tordre la musicalité parfaite des saints hymnes des Ailes de la Foi ».

Sources : HOUZIAUX, Alain (pasteur).- Les grandes énigmes du Credo.- Paris : Desclée de Brouwer, 2003.-351 p.: couv. ill. ; 22 cm.- ISBN : 2-220-05389-X. (MONTPELLIER-Fac.Théol.Protest. TO 47337)

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