Très bonne analyse pour rester honnête avec l’histoire et lucide face à l’actualité. Je regrette que la conclusion ait été un peu bâclée en envisageant comme unique solution, le maintien d’Ali Bongo au pouvoir. Marwen Ben Yamed semble minimiser un fait pourtant déterminant pour la compréhension de la crise post-électorale: la répression sanglante qui a suivi la proclamation des résultats. Ces massacres sont la principale cause de la déchirure sociale et de la détermination des gabonais.
Est-ce que le temps finira par effacer ce traumatisme?
J’en doute.
L’arrogance du régime actuel incarné par Billie By Nzé n’encourage pas à l’apaisement.
Pour finir, je pense qu’il est dangereux pour notre roman national, de ranger au fait divers le massacre de dizaine de jeunes perpétré par celui qui était sensé incarner leur père. Je préfère être dirigé par un sot que par un assassin.
Pour aidé à comprendre cette assertion, je convoque notre mémoire collective avec les contes de Raponda Walker (revisités à ma sauce).
Un jour, les animaux se décidèrent de prendre pour roi l’Okoumé. L’arbre était connu pour sa passivité, son écoute active, sa sagesse légendaire. C’est ainsi qu’il régna sur la faune et la flore pendant des années. Or un jour, parmi les animaux les plus vifs de la forêt, quelques-uns le trouvèrent un peu mou, enraciné là dans le sol sans aucune digne autorité royale. Ils résolurent donc de sacrer à sa place un souverain bien plus dynamique, bien plus jeune, tant qu’à faire. C’est ainsi qu’ils destituèrent le souverain branchu, et intronisèrent à sa place Ibubu le boa. Pour être actif et dynamique il l’était à se contorsionner dans tous les sens. Il organisa d’ailleurs très vite des « Jungle-boom » dans la forêt, convoquant ça et là des singes d’Amazonie pour festoyer. Il ne se trouva presque plus une seule clairière qui n’avait pas son évènement sportif ou son forum international de carnivores végétaliens. Bref! C’était l’émergence quoi!
Mais un jour, la gazelle et l’antiplope-cheval eurent une sérieuse palabre. Elles consultèrent donc tout naturellement le boa pour juger leur affaire, mais ce soir de 31 août, on ne les revit plus jamais. Toutes deux avaient disparu. Et il en fut ainsi d’autres animaux. Au vu du ventre d’Ibubu le BOA qui gonflait et qui prenait des teintes claire et lui donnait un air de Mamba, les animaux devenaient de plus en plus soupçonneux (C’est de là que vient le nom de l’opération Mamba). Heureusement que surgit des lagunes d’Omboué un panda rusé qui coupa court aux atermoiements et révéla le pot au rose: C’était bien Ibubu le « cotisseur » de la forêt des abeilles.
 
Depuis ce jour, les animaux décidèrent d’être eux-même leur propre souverain, et révoquèrent le serpent pervers. Pour service rendu, il accordèrent à l’animal bicolore afro-chinois, d’occuper une fonction honorifique de « palabreur » suprême.
 
On devrait toujours écouter les contes. Ils ont tant de choses à nous apprendre, n’est-ce pas?
 

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