Que j’estime ce Jean Gaspard Ntoutoume Ayi!
Il représente l’intelligence à la gabonaise comme j’aimerai qu’il y en ai beaucoup plus. J’ai des amis, je dirai même des frères, qui ont les mêmes capacités intellectuelles que lui mais sans le courage de ce «Pahouin(1)». J’ai bien dit «Pahouin» vous avez-bien lu!
Comme pour le mouvement de la négritude, je revendique ma «pahouinitude», ce mot jeté comme une pierre à la figure je le fais mien et le porte à mon cou comme un pendentif royal.

Il y a dans la pensée Fang un orgueil structurel et structurant qui élève l’individu au-dessus des misérables déterminismes convenus de la postmodernité. Je déplore l’affaissement de l’identité profonde Téké encapsulée dans des appétences primitives matérielles entretenues par cette culture clientéliste d’arrière garde «bongoïste». Heureusement qu’il y a Thibaut Adjatys qui vient faire mentir un peu cela…
Je vous rassure, il n’y a dans mon propos aucune intention «tribaliste» sous-tendue. Conscient que l’identité gabonaise est plus collectiviste (ethnique) qu’individualiste ( à la différence de nos amis occidentaux), il me fallait emmener la réflexion à ce niveau pour stimuler notre résilience communautaire endormie. Voici l’objectif de ce billet pour qui n’aurait pas saisit l’intérêt.
Je suis fier de mes origines punu-Nzébi-Eshira du Haut-Ogouée. Ce syncrétisme ethnique m’autorise à proposer cette analyse  sans l’établir en dogme. Je m’essaye ici modestement à de la sociologie de comptoir en curieux gourmand des choses de l’esprit.
Oui! Le peuple Fang peut être fier de ce fils là qui conte à la manière un récit épique du Mvet, le projet des gabonais qui veulent s’affranchir de la domination et de l’oppression du régime Bongo. J’aime cette dialectique «minvoulienne» qui sans circonvolutions diplomatiques, nous dit clairement que Jean PING est un pis allé nécessaire pour défaire la pieuvre dynastique Bongo. Wongo, Ntchoréré, Akendengué, Mamboundou, Douna Depenaud, autant de personnages qui nous montrent combien chacune des ethnies gabonaises disposent de cette intelligence collective et de cette détermination patriotique. Aujourd’hui au travers des figures comme celles de Marc Ona Essangui, Laurence Ndong et tant d’autres, le Grand Peuple Pahouin nous donne une leçon de déterminisme identitaire: Sommes-nous une tribu d’esclave soumis fini, ou un peuple fier et noble?
J’espère vous avoir mis en appétit pour découvrir cet interview du Monde de notre frère Jean Gaspard ici.

(1) Pahouin: Désignation péjorative des fangs du Gabon.
Apparu en 1819, le premier mot utilisé pour désigner un groupe établi à l’intérieur du pays est Pamouay. Les Espagnols le transforment en Pamue et les Allemands en Pangwe. Les Français nasalisent le phonème final et optent pour Pahouin. Le nom d’origine viendrait de Mpangwe, donné par les Mpongwè – des habitants des rives de l’estuaire du fleuve – signifiant en langue vernaculaire « je ne sais pas ». Source: Wikipédia

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