VERSION AUDIO DU REQUIEM

Ce matin certains d’entre nous se sont levés la bouche pâteuse, les yeux rougis par une trop courte nuit, avec quelque chose au fond de la gorge que l’on ne saurait nommer sans souiller notre bouche autant que notre cœur…

Avions-nous espéré un peu quand même par quelques religieuses crédulités, qu’enfin la « Cour des Miracles » transformerai l’eau en vin et par là même, l’autocratie en démocratie?

Avions-nous été donc à ce point naïfs ou tout simplement trop optimiste?

Le résultat soviétique confirmé par la gardienne du temple –dame Mborantsouo– démontre  ostensiblement l’irrécusable forfaiture de la « bande à Bongo». La flagrance de leur imposture choque autant pour son insolence que par la violence avec laquelle elle s’est exercé : Les lâches juges de la basse-cour présidentielle ont croqué à pleine dent dans les plaies béantes de nos martyrs comme pour gober les dernières volontés de ces pauvres désespérés… Et quand la chose honteuse – Bongo Ali– nous tend sa crasseuse main tortueuse en signe d’apaisement par-dessus les dépouilles dépecées de nos frères, ce n’est que par calculs vicieux, pour anesthésier sournoisement nos velléités légitimes et ainsi tarir notre très sainte colère.

L’immonde tyran vient de livrer nos forêts, nos savanes, nos villages, nos rivières, nos plages, la terre de nos ancêtres, l’héritage de nos pères, l’espérance de nos fils, les rêves de nos filles, l’honneur de nos vieillards, la dignité de nos femmes, à une horde de barbares sanguinaires coupable de la mort d’Axel Mensah, et de tant d’autres gens.

Gabon Reportage de notre envoyé spécial dans le quartier de Nzeng Ayong après la mort d’un jeune

Dépossédé de notre beau pays livré à cette légion de mercenaires allons-nous rester là sans rien faire ? Allons-nous gober les insanités d’un abject meurtrier ou oserions-nous nous battre pour libérer notre patrie de cette occupation diabolique?

L’heure est grave mes frères et sœurs, depuis cette nuit du 24 septembre, nous sommes devenus des immigrés dans notre propre pays… Tous sans distinction… Bapunu, Fang, Batéké, Nzébi, Obamba, Mitsogo, Myéné, Galoa, Bakanigui, Eshira, Kota, Massango, Benga, Pygmée, Aduma, Vili, Vungu, Sékyani, Séké, Bawandji, Bavarama, naturalisé, gabonais de coeur.
Nous sommes et nous serons des clandestins chez nous tant que notre terre ne nous sera pas restituée. Nous devons débarrasser le Palais du bord de mer de ces traitres et surtout de cette légion de mercenaires qui pille nos biens.

Le ton est solennel et martial car la question l’exige.

Nous gabonais avons de solides convictions morales et spirituelles qui s’accordent avec cette impérieuse responsabilité philantropique. La paix des lâches ne saura jamais composer avec la paix des justes. La paix des justes est une paix qui coûte, une paix qui ne se satisfait pas de l’injustice. N’ayons donc pas peur de renverser les étals de ces marchands de morts qui se sont installés sur le parvis de nos institutions et qui  bafouent nos plus précieuses aspirations.

« Si lumière qui est en toi est ténèbres alors combien grandes sont ces ténèbres ». L’obscure clarté de la « Tour de Pise » ne peut plus réguler nos lois, ignorer nos choix.

Ceux qui nous maintiennent en esclavage et qui s’asseyent sur nos choix d’homme libre on les connait. Ceux qui pissent sur la tombe encore fraîche de nos frères assassinés en se gargarisant de boissons exotiques et inaccessibles on les connait. Ceux qui célèbrent en chansonnettes mièvres les glorioles d’un monarque aux origines douteuses et aux crimes certains sans la moindre considération pour les familles endeuillées on les connait. Celle-là qui pose en Coco Chanel avec la vanité d’une starlette de télé réalité alors que nos mères enlacent en larmes les piteuses dépouilles  que des miliciens goguenards dans un spasme d’humanité auront daigné jeté de leur pick-up, elle, on la connait. Les diversions de sa Fondation égotique ne nous émeuvent plus tant l’indicible cruauté des meurtres dont elle s’est rendu complice la discrédite.

On revoit le crâne en bouillie de ce jeune lycéen, la cervelle répandue aux pieds de sa pauvre mère.  On revoit l’abdomen déchiré de ce jeune tentant désespéramment de rentrer ses intestins avant de s’effondrer  comme une poupée de chiffon sur le lit de ses boyaux dispersés. Le visage en éclaboussure de cet autre jeune à peine âgé de 23 ans continue de hanter nos nuits et de crier justice. Vous là Ooooh ! On vous connait !

L’eau stagne… Les chars sont dehors et quadrillent l’apparente paisible ville… Les miliciens sont pour l’instant grassement payés et comme des chiens, ils veillent sur le sommeil de vos privilégiés. Nous téméraires panthères on fait le guet, tapis à l’affût dans les fourrés épais attendant le moment fatidique… Silencieux… Studieux… Et puis, quelques un prient pour préserver intactes nos motivations devant Dieu pour nous garder de tomber.

Nous n’avons qu’un pays et nous devons nous battre pour le rendre à nos enfants comme nos pères nous l’ont donné. Nous ne nous soumettrons jamais à vous. Vous pourrez vous satisfaire d’une apparente quiétude, mais détrompez-vous, ce n’est que le début d’un long combat.  Nous gagnerons parce que nous nous battons pour la justice et pour les plus pauvres que vous avez décidé d’ignorer avec le plus grand mépris. Il n’y a aucune amertume dans nos paroles, chaque mot est pesé, soupesé, réfléchi. Nous sommes déterminés aujourd’hui encore plus qu’hier. Vous avez conscience que quelque chose a changé sauf si votre folie meurtrière n’a pas obscurci toute  votre acuité politique. Vous pouvez vous réfugier derrière les analyses de pseudos-panafricanistes fraîchement convertis sou tendant une réminiscence de la « françafrique » derrière notre combat. Les « louangeurs » qui vous servent de conseiller ne vous ont certainement pas averti de cette mutation sociologique profonde : Les panthères ont remplacé les chiens !

VERSION VIDEO DU REQUIEM

 

 

Laisser un commentaire