Introduction

Entorse à l’histoire

Nous sommes souvent montrés du doigt par nos accusateurs comme étant beaucoup trop passionnels et pas assez raisonnables. Nos réactions dénoteraient donc une immaturité politique et peut-être aussi, une sensiblerie exacerbée. Et voilà que par des raccourcis hasardeux et des anachronismes manifestes, ils dénaturent et falsifient les faits historiques pour étayer leurs arguties fantasques. Ils poussent le révisionnisme au comble de l’immoralité et de la profanation quand ils osent comparer l’assassinat lâche de quantité de jeunes gabonais à une banale « querelle familiale ».

Pour occulter nos morts et justifier leurs forfaits macabres, ils convoquent d’autres morts pour les faire parler à leur avantage. Sans jamais citer le père Omar croupis dans l’ombre de Léon Mba, ils nous ressortent des placards maçonniques les vestiges fantasmés d’une histoire politique gabonaise jalonnée de sempiternelles crispations post-électorales suivis de « dialogues » vertueux. Ils omettent honteusement, de nommer les 50 ans  d’ère dynastique Bongo pour ce qu’elle est vraiment: La seule et unique  histoire politique de notre jeune État. Les quelques soubresauts pré et postcoloniaux relatés lors du discours inaugural d’Ali Bongo, ne constituent en réalité qu’une parenthèse de la grande histoire coloniale de l’AEF (Afrique Équatoriale Française). La vérité historique est donc celle-là: Les bongos régentent ce petit état pétrolier depuis les matins de son indépendance par le truchement d’intérêts familiaux et « françafricains ». Par de grossiers forums dialoguistes, ils sont parvenus durant toutes ces années à étouffer les ambitions d’émancipation des gabonais.

Entorse à l’honneur

En observateur averti, j’ai aussi constaté que pour mieux berner l’élite militaire sur qui repose ce régime autoritaire, Ali Bongo s’est réfugié derrière la figure tutélaire du défenseur de l’État de Droit. Cette rhétorique régalienne éculée mais efficace, plait énormément à ces hauts gradés de la Grande Muette, car elle renvoie à l’idée qu’ils se font du respect de la Loi sous ses aspects les plus nobles.  Ce n’est pourtant qu’un autre artifice qui lui permet de justifier ses crimes d’honneur et ses assassinats de masse.

Puisqu’il qu’il nous faut combattre cette junte « militaro-électorale » à toutes les échelles (Dans la rue, dans les casernes et jusque dans les États Généraux) je vous propose d’aller plus en avant dans les réflexions. J’espère que ce billet suscitera chez nos patriotes en arme, le courage ultime de désobéir afin de consacrer la victoire de la Nation sur l’État.

Cela m’amène naturellement à définir ces deux notions antagoniques fondatrices du « vivre ensemble »: État et Nation.

L’État qui cache le Potentat

L’État c’est pour moi une notion seulement technique et imperméable à tous sentiments. C’est une organisation sociétale structurée autour d’un système de  gouvernance plus ou moins participatif. Les théocraties, les potentats et mêmes les dictatures les  plus dures sont considérés comme des états en dépit d’autres considérations humanistes. Les défenseurs de l’État, s’appuient donc essentiellement sur le respect de la loi, indépendamment d’autres critères subjectifs. Pour eux, la « raison d’État » justifie n’importe quels crimes dès lors que l’État de Droit est sauf. Cette relation antinomique entre la loi et le « bon droit » crée les conditions de la défragmentation sociale que l’on constate actuellement. Cet « Empire de la loi » légitime le pharisaïsme en culotte courte de la « dictature douce » qui s’installe insidieusement. Sous couvert d’un semblant de légalisme, Ali Bongo se cache sous les jupons de belle-maman Mborantsouo et de son torchon constitutionnel en dentelle pour forcer une place dans le concert des Nations qui se contentent benoitement de « prendre acte ».
Ainsi va le monde, ainsi va l’État.

Pour la Nation passionnément

La Nation, c’est une tout autre histoire. C’est un rien d’intangible qui sublime l’individu et transcende les sentiments collectifs au travers le prisme de valeurs morales et de croyances communes. C’est pour elle que l’on se bat et pour elle que notre cœur bat. Elle puise dans notre capacité à exprimer de la compassion envers autrui, à souffrir sa peine. C’est de cette empathie que procède les justes lois philanthropiques qui préservent de l’immoralisme étatique. Elle fonde la Patrie bien au-delà de l’ethnie et du clan. C’est en son nom que je condamne l’attitude diabolique de ceux qui commercent et dialoguent sur les tombes de nos frères condamnés par  la loi d’une femme hors la Loi (Cf. Mise en examen de Marie Madeleine Mborantsouo ).

Le dodu « yaya » et sa muse impassible qui parait figée dans le formol de GASEPGA , n’ont finalement rien saisi de ce qui se passait au Gabon. Ils ont violé la Nation avec l’inhumanité d’un commanditaire de crimes rituels. Sans états d’âme, ils ont sacrifié la chère Patrie en  brisant ce qui nous liait indéfectiblement à nos ancêtres et aux générations à venir.  Il faudra bien plus que de la bave et des postillons de dialoguistes affamés pour laver le sang de nos martyrs.
Ce n’est que par une réelle repentance et une « reddition »  que viendra l’absolution. Et puis, cher Faustin Boukoubi, je vous le répète, la tripoté d’ex-barrons du PDG fraichement convertis à l’orthodoxie politique ne sont pour nous qu’un pis-aller pour enfin installer l’alternance. Contrairement à vous, Myboto, Eyéghé Ndong, Casimir Oyé Mba, (etc), n’ont pas de sang sur les mains  – Ou du moins, pas ostensiblement- C’est d’ailleurs là, pour ma part leur seul mérite…

Conclusion

En conclusion, je plaide pour la primauté de la Nation sur l’État. L’État se sont les murs et les cloisons de la maison alors que la Nation est le sous-bassement sur lequel repose chacune des briques de loi qui fonderont avec le temps l’édifice. Dans notre pays croyant, Dieu est l’architecte et nous sommes les bâtisseurs. Ali Bongo en bombardant le 31 août le QG de Jean PING, a détruit beaucoup plus que des briques, beaucoup plus que des vies. Il a atteint au socle de cet édifice fragile…
Je ne considérerai jamais l’assassinat de dizaine de gabonais comme étant une banale « querelle de famille » comme  l’a clamer avec dédain dans ce cloître où tous les farfadets de sa Grande Loge rivalisaient de révérences.  Je tiens  pour ma part à garder ma Nation intacte et mes convictions spirituelles inviolées.

Chacun est libre de ces choix. Je choisi la voix de la compassion et reste ouvert au pardon. C’est à ce prix que viendra la réconciliation réelle…

De la Compassion jusqu’à la Nation  toujours avec Raison! C’est est mon leitmotiv.
Oui émotion et raison feront toujours bon ménage dans un esprit éclairé, telle sera ma conclusion!

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