Devant l’ignoble, devant l’abjecte, devant l’indécence  de ce post de Sylvia Bongo publié sur le mur de ses vanités, j’ai ressuscité sous la plume acerbe d’un conteur exilé, pour déclamer mon oraison funèbre contre l’homélie de cette morne duchesse…

Au début j’ai d’abord voulu pleurer, mais de mes orbites évidés ne sortaient que des asticots.
J’ai donc essayé de crier, mais nul souffle ne vint rider la vase puante de mon corps en putréfaction. C’est alors que je ne sais pourquoi, que je ne sais comment, le souvenir vivace d’une rumeur d’une musique me  revint et me fit frémir et me rappela à la vie. C’était la douce mélopée morbide que me chantait ma grand-mère le soir au coin du feu avant de m’endormir. Était-ce un chant prémonitoire en prévision des horreurs des Bongo?  Ça, nul ne le sait…
Et la triste ritournelle emplissait l’épaisseur de la nuit, et le chant des morts remplissait chaque interstice de la broussaille…

Vous m’avez volé ma mère, rendez moi ma serviette Oh! Oh! Oh! Rendez-moi ma serviette Oh! Oh! Oh! Rendez-moi ma serviette oh!

Si tout comme moi, vous avez  grandi vous aussi au village, vous reconnaitriez assurément cette comptine tragique de notre enfance. Elle me trottait désormais dans la tête sans que je ne puisse plus m’en débarrasser. Je ne pensais qu’à ce petit rien de bout de chiffon qui aurait pu éponger les souvenirs de ma jeune vie transpercée par les talons aiguilles d’une dame en noir. Cette spongieuse serviette aurait suffit à essuyer les restes de ma cervelle en bouillie répandue sur le parterre de nos souffrances, là où gît soudain inanimé, mon corps d’enfant. Ainsi, ma pauvre mère n’aurait été, le témoin malheureux de ce crime odieux commis au nom de la perpétuation du règne des Ondimba.

Pleure, pleure ma mère,
Pleure, pleure doucement,
On m’a tué dans la pleine 
Pour avoir mon cœur en or

Ma mère, disait toujours que j’avais un cœur en or et que j’étais son trésor. Ce jour là, elle m’avait commandé de me rendre chez le boutiquier chercher du pain. C’est devant le pas de notre maison que les diables gardiens de la jouvencelle en carton ont abattu sur moi le couperet fatal de leur injustice.

Je suis mort  pour que ses fils rient de nos vies.
Je suis mort pour que son mari parie encore sur notre sort.

Aujourd’hui, elle ose vomir sur notre mémoire par ces mièvreries opportunistes de « Mami Wata » enchanteresse.

Ceci est mon oraison funèbre que je vous livre donc ici, comme si j’avais pu survivre à mon martyr.

Le Gabon est privé de son histoire
par la famille Bongo qui confisque toutes nos destinées
Depuis déjà cinquante ans.

Il monte du ventre de la terre une odeur de mort
Que ni l’encens, ni les artifices cosmétiques d’une donzelle en panique ne pourront plus masquer.
C’est l’appel à la résistance de martyres qui refusent la déliquescence de notre nation.
C’est le Gabon éternel qui se dresse comme les Mont du Chaillu au-dessus de vos « émergences » éphémères.

Nous sommes plusieurs ethnies, mais un seul peuple.
Celui du Gabon d’abord contre le Bongo Toujours!

Aimer le Gabon, c’est honorer ses morts quel qu’en soit la cause
C’est là une valeur fondatrice de notre vivre ensemble
L’occident fonde sa civilisation dans des us gréco-romains et judéo-chrétien
Nous les Bantu, nous nous accommodons de ces s valeurs occidentales
Sans pour autant renier notre culture

Vous êtes différent de nous,
Car vous n’avez aucuns respects pour nos frères
Que vous avez choisi de tuer pour vos intérêts mesquins
Sans jamais daigner honorer leur sépulture

Nous sommes différent de vous
Et notre force, nous la mettrons toujours à vous combattre
Non point par le feu, ni même le fer
Mais par la culture, et par le spirituel
Pour que jamais votre malignité diabolique
Ne pervertisse à tout jamais notre pays
Nous nous attellerons toujours à la prière du juste
De celui qui craint Dieu et honore ses pères

Quand un jour vous daignerez enfin demander pardon
En vous retirant sans pirouettes de la place que vous occupez indignement
Seulement là, oserions-nous enfin reconsidérer notre position à votre égard

Nous sommes le seul et le vrai Gabon.
Vous êtes les « émergents »
Il n’y a rien qui nous rattache à vous.
Et nous ne sommes pas dupes de vos fausses confessions jetées en pâture aux malheureux crédules.

Résistance! Résistance! Résistance!