L’une des places de la ville de Yanga abrite la statue de El Yanga, le présentant comme un homme arrogant et fier comme un « gaboma ».

Saviez-vous que le sort des gabonais était intimement lié à celui des villes libérées?
Si Libreville a été fondée par des esclaves libérés à l’embouchure de l’Ogouée, il existe à l’autre bout du  triangle négrier quelque part au Mexique, Yanga, la première ville africaine libre dans les Amériques depuis le 3 octobre 1631.

Célébré par les Afros-Méxicains, ignoré par les gabonais, Nyanga ou Gaspar Yanga fut un esclave de famille royale du Gabon qui arriva enchaîné à Vera Cruz du Mexique en 1579 pour travailler dans les plantations de sucre et d’alcool de la province Yanga. On raconte qu’il était un homme d’une taille supérieur à la moyenne, fort et intelligent comme tout « gaboma » qui se respecte. Il réussit à s’enfuir dans la jungle, où plus tard il devint leader de la rébellion des Marrons du Mexique. Le groupe rebelle commença à exister en 1537, avec la fuite des esclaves qui s’enfuirent pour les hautes montagnes du Pérou. Le successeur du roi, António de Mendonza envoya pendre sur la grande place deux des fugitifs : Juan Venegas et Juan Roman, pris durant leur fuite.

Trois ans plus tard, on entendit des récits de la population comme quoi les noirs voulaient se venger de la couronne espagnol, prétendant la mort du roi. António de Mendonza envoya tuer beaucoup de noirs et, ordonna que l’on exhibe les corps transpercés sur des piques sur tous les chemins importants de la région comme avertissement et punition de ceux qui s’opposèrent à la couronne espagnole.

Tous les esclaves fugitifs étaient appelés « quilombolas », considérés comme sauvages, personnes indolentes et agressives qui vivaient librement dans la forêt, en communauté, dont le nom était « Quilombos » ou « Mocambos » (Qui est sans rappeler la ville de Mékambo au Gabon). En 1609, les espagnols firent une expédition au Quilombo, avec 550 soldats, dont une centaine était espagnol et les autres indiens, métisses ou créoles. L’objectif était d’en finir avec les rebelles qui se réfugiaient dans les montagne Orizaba. Le Quilombo était commandé par le père Nyanga qui, à l’époque, avait déjà 30 ans de résistance et de l’angolais Francisco de la Matossa. Ceux-ci étaient considérés comme les principaux responsables des attaques dans les fermes voisines, également connus pour les attaques des voyageurs et des convois.

La guerre imposée par les espagnols, les « quilombolas » étaient supérieurs en force, avec beaucoup de guerriers armés (armes enflammées, pierres, machettes, arcs et flèches). Les guerriers du quilombos connaissaient très bien la jungle, ils étaient commandés par Francisco de la Matossa.

Le leader Nyanga commanda le plus grand nombre de soldats dans la bataille contre les espagnols. Les affrontement aboutirent à d’importantes pertes des deux côtés. Les espagnols n’arrivèrent jamais à une victoire définitive, malgré de nombreux affrontements, il furent incapables d’infliger une défaite définitive aux quilombolas.

La même année les espagnols furent forcés d’accepter les négociations. Les conventions imposées par les rebelles était la libération totale des esclaves et l’accord de gouverner le territoire par la famille Nyanga.
Gaspar Yanga fut proclamé libérateur des noirs de la guerre contre les espagnols. Ce fait entraina la reconnaissance de la province ou ville de Yanga.

Sources: http://www.capoeira-auvergne.com/gaspar-yanga/

Il est très bien de commémorer la mémoire du capitaine Charles N’Tchoréré, mort pour la France, il est mieux de nous approprier notre propre narratif et de commémorer nos morts les plus honorables. Yanga, Wongo, voici des héros à enseigner dès le plus jeune âge, pour nourrir l’esprit de révolté et d’homme libre. L’oligarchie assassine des Bongo veut tuer ce pan de notre mémoire pour mieux nous asservir. N’ayons donc pas peur de marcher sur les pas des résistants qui nous ont précédé.
Nous sommes tous des Yanga en puissance! Résistance! Résistance! Résistance!