J’ai découvert avec un bonheur exquis le projet « Demain,  un jour nouveau » défendu par un bouquet de talentueux jeunes artistes gabonais.
D’après le synopsis publié sur la page facebook du collectif, ce projet à un double objectif à la fois esthétique et politique. La finalité première était de synthétiser les formes d’expressions esthétiques de la culture gabonais

Le projet a été initié dans le but favoriser les jumelages artistiques et valoriser les dimensions culturelles gabonaises afin de leurs donner une identité unique et originale. L’idée est de favoriser la dynamique de réseau et encourager l’esprit collaboratif.

Le mini-film « Demain, un Jour Nouveau » est la toile matérialisant cette vision dont l’expression fait l’harmonie entre poésie-slam, chant, danse, musique, paysage, symbole et image.

Le réalisateur, Tching’Son le Kemet, raconte la quête d’une identité retrouvée et peint la richesse d’une culture sous-exploitée. Par ce film, il entend rompre avec les clichés et les codes communs des clips-vidéos loin de leur histoire et de leur patrimoine.
La forêt symbolise ici, la vie et le chemin par lequel, celle-ci s’équilibre et se pérennise. Elle représente l’affirmation d’une culture et l’oxygène de sa préservation. Le talent est un don qui brille par le feu de la passion comme le témoigne pas à pas, le jeu corporel des danseuses.

Ce projet est un appel à la prise de conscience et au rêve. Les textes interprétés parlent d’espoir et invitent au réveil et à la projection de soi. Les poètes à travers leurs mots font la part belle du génie créateur et de l’effort. Les mots d’ordre sont espérance et conscience de soi.

A travers ce projet, le producteur, Engone Endong, fait la démonstration du pouvoir qu’a l’art à rassembler divers horizons et personnes pour un but et une œuvre commune.

En portant ce projet l’association culturelle et artistique Slam Action montre le visage d’une jeunesse créative, audacieuse, et ambitieuse.

Ce cri d’appel à la valorisation de notre patrimoine dans sa diversité matérielle et spirituelle a été illustré dans une galerie photographique du jeune artiste Orassio.
Demain un jour nouveau est l’œuvre d’une riche collaboration entre plusieurs artistes gabonais entreprenants et visionnaires.

Aucun d’eux n’étaient déjà nés quand en 1978, Omar Bongo se fit tailler sur mesure, un biopic révisionniste pour donner de lui l’image attendue du bienfaiteur providentiel. Il s’agissait de « Demain, jour nouveau« , un film de Pierre- Marie Dong, cinéaste gabonais fort respectable à ses débuts avant d’être complètement décrédibiliser avec ce film bêtement propagandiste.

Rappel du synopsis de cet ode à l’oligarchie des Ondimbas.

Gabon – 1978

Les ouvriers occupés à creuser la montagne pour le passage du chemin de fer transgabonais refusent l’augmentation du tarif des bus qui les conduisent au chantier et décident la grève. L’effervescence monte, l’armée intervient. Le conflit risque d’attiser la tension qui oppose le directeur de cabinet du président modéré au vice-président violent, qui assume l’intérim du président ; hospitalisé à Paris.
Sans aucun doute possible, ce film est un plaidoyer pro domo. Le président Bongo y raconte sa vie politique, ses rapports avec le président M’Ba, la lutte qu’il eut à mener contre ses adversaires…


Présenté en 1978 au FESPACO, Demain, un jour nouveau a fait naître bien des controverses. Il a beau dénoncer un certain nombre de maux de la société gabonaise, il demeure attaché à la propagande du régime en place au Gabon. Nombre de réalisateurs qui se sont frottés à l’exercice y ont perdu beaucoup d’énergie et de liberté de mouvements. Ainsi, dans la période récente, le cinéaste noir américain Charles Burnett qui filma l’ascension jusqu’au pouvoir de la Swapo et de Joshua Nkomoh en Namibie.
Demain un jour nouveau est un film invisible depuis longtemps. Il a nuit énormément à la crédibilité de Pierre- Marie Dong, cinéaste fort respectable à ses débuts. Avec la distance du temps, il est passionnant de le revoir et de le situer dans le contexte de sa création.

J.-P. G.

QUAND DANSER DEVIENT RÉSISTER, QUAND CHANTER DEVIENT ESPÉRER

J’espère que ce projet ne finira pas aux WC de la propagande stupide d’un régime en déclin. j’ose croire que ces jeunes sauront porter l’espérance d’un lendemain meilleur sans Ali Bongo. C’est là mon souhait. Laissez maintenant votre cœur courir jusqu’à vos oreilles, votre âme se hisser à la hauteur de vos yeux  pour saisir la quintessence de cet art vrai.

Parce que résister c’est proclamer,  il est loisible de laisser les artistes exprimer eux-mêmes l’intention de leur geste. Que Dieu les préserve de la noirceur d’âme des vampires d’Eben Production, cette officine du clan Bongo qui perd dans la vanité des artifices, les plus faibles d’entre-eux.