Je ne voulu plus m’abaisser ce soir aux critiques de son insignifiance de tyran. Et quand en mon âme reposée me revint le souvenir de cet être indigeste, ce ne fut que pour m’oublier à mes espérances inaltérables.
Elle fuit, s’échappe de derrière  les sommeils des gens hébétés, emportant avec elle les secrets et les rêves des résistants.
Elle, c’est la foi.
Un jour m’éveillerai-je au sommet de l’aube d’une ère nouvelle avec elle à mes côtés?
Et puis me laissant mourir à la vie terne d’ici, ressusciterai-je bien plus loin, bien plus résistant?
Serait-ce l’âge sur moi qui ferait lyrique mon cœur et trembler mes frêles mains, prêtes à en découdre avec le désespoir?
Est-ce ainsi que le temps violerait-il mes silences pour mieux révéler mes craintes et mes doutes?
Je vais.
Je pars.
Je ne suis déjà plus.
Plus pour un instant.
Juste un instant…

***

Qu’il est doux de maudire le figuier stérile et de souhaiter son assèchement définitif.
Je lui crache sur la racine mes assurances de combattant de la liberté.
Et me voici qui déjà dors depuis seulement maintenant apaisé et satisfait…
Je dors. Ma foi est intacte, me voilà rassuré…

***

Demain sera un autre jour, une autre bataille contre ce régime que j’ai en exécration. Je hais les horreurs de ce dictateur et les mensonges de son épouse. Je déteste leurs sournoiseries criminelles, et je t’aime Gabon mon beau pays!
Oui je t’aime!