Quand un régime n’est plus en situation de rendre la justice au point d’instruire lui même  une plainte à la Cour Pénale Internationale, d’autres pays s’en chargent…
Le 21 septembre la ministre de la justice en personne du régime Bongo, Denise Mekamne Edzidzie, au nom du gouvernement gabonais avouait son incompétence à rendre le droit au Gabon car selon la fine équipe du 31 août, les crimes en question relèveraient de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Je vous liste pêle-mêle les « atrocités » insupportables qu’auraient commises  l’opposition, telles que formulées par  le gouvernement d’Ali Bongo dans sa requête déposée à la CPI:

– Un meeting de Jean Ping au cours duquel il aurait invité la foule à se « débarrasser des cafards », dans le but « d’éliminer une partie de la population gabonaise ».

Voici la vidéo intégrale et non trafiquée du meeting incriminé où en introduction Jean Ping présente toute son équipe multi-ethnique. Il s’attarde d’ailleurs avec humour sur la présence en son sein d’Andjembé, un Batéké (0:30″) issue de la fameuse « partie de la population gabonaise » qu’il aurait qualifié de « cafards » selon les extrapolations du camp d’en face. Jean Ping dans sa rhétorique indigène, se définira lui-même comme  étant un « bilop-bilop » (2:47″). C’est un terme condescendant devenu péjoratif avec le temps, qui dans son acception commune désigne les personnes étrangères à l’ethnie Fang. C’est avec cette même prose martiale qu’il maniera la métaphore jusqu’à l’allégorie des « cafards » (7:20″). Juste avant sa terrible référence blasphématoire aux blattoptères,  il délivra une injonction aux morts pour qu’ils le suivent dans son combat. Faut-il instruire alors aussi à la CPI une requête pour « zombiphilie« ?
A ce jeu d’incultes prosaïques, les chatoyantes figures de styles qui font l’exception culturelle francophone finiront par toutes être bannis de la glose.

– Le saccage de bâtiments publics,
– Un piratage informatique « destiné à fausser les résultats des élections »,
– Une conversation téléphonique entre Jean Ping et Mamadi Diané, un membre du cabinet du président ivoirien Alassane Ouattara conseillant de mettre « la pagaille totale » au Gabon.

Il faut être atteint d’une altération profonde et irréversible de l’intelligence pour déceler dans tous ces griefs – s’ils étaient démontrés- le moindre crime qui justifierai la saisine de la Cour Pénale Internationale. Une telle requête émanant d’un gouvernement pour quelques peccadilles relevant du droit pénal local, démontre toute l’incompétente de ce régime autoritaire.

– Pour finir, le régime qualifie benoitement de « crime contre l’humanité » la présence « d’un individu ligoté » dans les locaux de campagne de Jean Ping et découvert par inadvertance providentielle par sa valeureuse gendarmerie nationale.

C’est le comble de l’indignation et le paroxysme de l’immoralité de ce système qui a un sens inversé de la hiérarchie des horreurs. Les gabonais qui le soutiennent sont atteint de ce même mal profond qui ronge l’âme et brouillent les sens. Lorsque l’on se base sur leur échelle de valeur qui considère qu »être ligoté vaut bien un crime de guerre, nous nous étonnons aujourd’hui, qu’ils surréagissent en cascade au souhait d’un juge français, de ne pas écarter ce chef d’accusation.


Il est fort probable que Marceau Malékou ait été  criminellement ligoté avant de subir très accessoirement les tortures et traitements dégradants qui l’on amené à s’exprimer ici:

https://www.youtube.com/watch?v=nSqRnC1NiAE

Il aurait apprécié lui aussi d’avoir l’appui de l’ambassadeur gabonais en France comme Edouard Valentin -Père de Sylvia Bongo Ondimba) pour l’assister dans son dépôt de plainte étant donné que le procureur de Libreville est trop occupé par le terrible terroriste Aba Minko. Les franco-gabonais qui par Maitre Moutet ont instruit eux-mêmes une plainte en France en raison leur autre nationalité (Mais aussi à cause des défaillances manifestes de la justice gabonaise) participent ainsi à la découverte de la vérité. Ce qui s’est passé cette nuit du 31 août ne sera pas enterré par un dialogue politique de dupe. Le qualificatif de crime contre l’humanité est très accessoire en somme. C’est la vérité et la justice tout simplement que nous voulons voir rendu. Qui a tué, qui a donné l’ordre de tuer.

Je suis très étonné que les gabonais qui soutiennent ce régime ne souhaitent pas comme nous que la lumière, toute la lumière soit enfin faite sur ce tragiquement évènement né de la contestation du score stalinien (99,93%) de leur champion dans le Haut Ogouée.
Nous allons continuer le combat. Nous ne lâcherons RIEN! La solution est le départ d’Ali Bongo et ses sbires. Après quoi nous reconstruirons le Gabon sur des fondements plus moraux.

Résistance! Résistance! Résistance!