Prenez le temps de regarder jusqu’au bout ce très beau discours de Jean Jaurès avant d’aller plus en avant dans votre lecture.

Comment ne pas être d’accord avec cette proposition jauressienne anti-schismatique d’une laïcité originelle qui en 1905 fit consensus et fonda le nouvel ordre républicain?
L’allusion de Jean Jaurès à la réforme protestante dans son discours fameux, m’autorise à lier le geste laïque révolutionnaire à la quête spirituelle intrinsèque à tout « sapiens-sapiens« .
Oui, je le dis sans détours: La laïcité procède effectivement de la spiritualité débarrassée de ses carcans bassement religieux.

En effet, la brutalité de certains décideurs à vouloir imposer une idée politisée de la laïcité sous la forme d’un schisme agressif entre l’Église et l’État m’inquiète beaucoup.  Cet intégrisme laïcard me parait tout aussi pernicieux que l’obscurantisme religieux. Il nous faut les combattre pour préserver l’universalisme républicain à la base de nos aspirations démocratiques.

Ce 14 juillet, au stade Océane du Havre, c’est à la propagation de la pensée créatrice des Lumières et contre l’hégémonie du dogme romain, que je vais donc rendre hommage en conte et en musique. Convaincu que le panthéiste Jaurès eut accès un jour à l prose de l’autre Jean- le Baptiste- tant son esprit hanté par le caractère divin de la lumière me le fit apparaitre. Il est fort probable alors que le prologue de l’évangile de Jean ait irrigué sa pensée tout au long de son magistère, avec la laïcité en paroxysme.

« Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu.
Il était au commencement en Dieu.
Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe.
En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes,
Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue.
Il y eut un homme, envoyé de Dieu; son nom était Jean.
Celui-ci vint en témoignage, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui:
non que celui-ci fût la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière.
La lumière, la vraie, celle qui éclaire tout homme, venait dans le monde.
Il ( le Verbe) était dans le monde, et le monde par lui a été fait, et le monde ne l’a pas connu.
Il vint chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu.
Mais quant à tous ceux qui l’ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom,
Qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu sont nés.
Et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous, (et nous avons vu sa gloire, gloire comme celle qu’un fils unique tient de son Père) tout plein de grâce et de vérité.
Jean lui rend témoignage, et s’écrie en ces termes: « Voici celui dont je disais: Celui qui vient après moi, est passé devant moi, parce qu’il était avant moi. »
et c’est de sa plénitude, que nous avons tous reçu, et grâce sur grâce; parce que la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ ».

Ça va faire donc 500 ans que les premiers protestataires de la pensée unique avaient défini les contours d’une spiritualité fondée sur une lecture éclairée de la Bible. Ce christianisme minoritaire a permis discrètement de défraîchir la relation à l’État et à Dieu sans hiérarchisation conflictuelle. Aujourd’hui avec l’explosion de l’intégrisme religieux et du laïcisme politique, cette célébration havraise revêt une tout autre importance. Conscient de cela, je prend toute la pleine mesure de notre mission conciliatrice. Rendez-vous est donc pris avec l’histoire.