J’ai toujours quêté les savoirs mirifiques où qu’ils se trouvaient. J’ai cherché sans cesse à repousser les limites de mon champ d’exploration de la connaissance. Je voulais vraiment que  ma vie vaille la peine d’être vécue, si courte soit-elle.  Cette soif d’envie de maitriser mon environnement pour en extirper les satisfactions intellectuelles m’a conduit sur les chemins prolifiques de l’école, convaincu d’enfin trouver la pierre de rosette qui m’ouvrirait les portes de l’Absolue connaissance. Des diplômes j’en ai donc eu, des métiers divers et variés pour abreuver cette matrice gourmande de curiosités, j’en ai fait. Et puis un jour, ou peut-être une nuit… Alors que je ne m’attendais plus à être enfin délivré de cette sempiternelle insatiabilité, j’ai découvert dans mon oisiveté savante, un rien de foi, une flamme inextinguible qui pour toutes les fois est venu éclairer le monde. Je veux dire, mon monde tel que je voulu autrefois qu’il fut, pour parfaitement le dompter, le comprendre, le maîtriser, l’étudier, le dominer.

Oui, j’ai découvert l’Art !

Une façon d’exister sans fâcheuses concessions avec le matérialisme. Une façon de labourer sans labeur, pour le seul plaisir de s’offrir en métier absolu dans son acception « proj’terrienne ». Métier de troubadour, de saltimbanque, de fou du roi, d’incontrôlable prosateur.

Ma compagnie artistique les TrombinöZZ’Notes

Et puis le temps a passé…

Et je me suis lassé de cette promenade insouciante. Et j’ai de nouveau eu faim. Faim de savoirs. Faim de désirs de cérébralités. Il me fallait me réinventer un autre destin, une autre perspective, un horizon moins accessible. Mieux, une asymptote sans cesse fuyante.

Ce jour-là, en arrivant à la fac, j’ai su que je serai chercheur, un invétéré « trouve-tout » errant sur la terre des hommes.

Normalement, j’aurais dû être seulement cet alchimiste du numérique vénéré de mon paternel, préférant les algorithmes aux allégories du vivant. Je n’aurais dû n’être qu’un un énième prosaïque de l’intermittence. Je suis ici et là maintenant, prêt à relever le défi de la recherche. Prêt à réinventer sans cesse les lendemains, pour qu’ils m’apparaissent moins fugaces, plus accessibles. Je n’aurai jamais dû quitter l’école, les lieux du savoir. Je sais désormais qui je suis et où je vais.